02 janvier 2009
La puissance contre le mouvement
Il y aura toujours de quoi, dans les vicissitudes plus ou moins feintes d'un personnage parmi ses différents interlocuteurs, ses différentes familles, trouver une marque propre à un individu qui le distingue dans le temps et qui est indissoluble : certains attribuent cette quintessence du personnage aux atavismes qui le lient à sa lignée ; d'autres y voient au contraire la manifestation de sa singularité originelle, d'une singularité atomique, métaphysique. Dans le premier cas, il semble désespéré que le personnage puisse changer tant il est écrasé par le poids du passé et par le poids de sa vraie famille ; dans l'autre, il transparaît chez l'observateur que la singularité mystique de son existence est si lourde, si compliquée qu'elle ne trouvera jamais de quoi se brancher au réel, de quoi se matérialiser.
Il ne se trouve que rarement des personnages qui se tiraillent de cette sorte entre leur singularité volatile et leur lourdeur héréditaire ; jamais il n'apparaîtrait à l'esprit simple et grégaire que le plus massif et le plus déconstruit de notre existence puissent se disputer la régence de notre vie.
Pour ces personnages, ce qui est lourd est chassé de l'esprit et ce qui est léger, contingent, y prend le plus de place ; il est alors question de persuader et de se convaincre de l'innocence de leurs vies et d'attendrir ceux qui, en définitive, ont a craindre de la puissance de leurs atavismes. Chacun se sert ainsi de son "unicité", de sa "multiple unicité", de son "destin" ou on ne sait quel "futur", comme d'un cheval de Troie de légèreté sous la masse duquel se cache toute la mauvaise conscience de ses ancêtres, lourde et gluante, que l'on essaiera de diluer en douce dans l'océan pâteux de la moralité collective. On sait tous, nous autres qui ne sommes pas exempts d'un tel combat, quelle ivresse nos dynasties nous ont donnée à vivre à chacune de ces trahisons ; la moralité collective est la façon la plus séante pour chacun de vaincre ses ennemis en apparence. Tous les hommes populaires, à toutes les échelles de la grandiloquence, sont les acteurs d'un tel compromis, en apparence, d'une telle défaite collective de l'atavisme sur la quintessence de l'être, mais en fait d'un triomphe de l'atavisme collectif par la quintessence métaphysique.
La "marque" du personnage suit donc une logique qui ne relève pas d'une prétendue résistance au fait social, d'un hypothétique reliquat du "moi" pris entre deux feux, mais d'une stratégie globale, qui enveloppe la plupart du temps, pour imposer -le mot est crucial- un élément de politique familiale dont il s'est fait le colporteur. On suivrait le même exemple que cité précédemment, comme nous le faisons tous, avec si peu de scrupules que le font les personnages simplets si on n'avait pas une idée de ce que sont l'un et l'autre étendards de notre singularité ; c'est là, en effet, que se pose le problème du doute quant à la stratégie à suivre pour propager ce bagage, et parfois même à l'utilité de l'imposer, tant on a intériorisé la prétendue bonté et la camouflante perméabilité de nos interlocuteurs. Comment doit-on se décharger de son aïeul tout en en conservant le message? Peut-on, comme le font les simplets, tuer son père pour faire vaincre son drapeau? Peut-on au contraire renier son père en rejetant son drapeau pour ne pas avoir à le tuer? La vie des solitaires et des intellectuels, ces personnages intéressants, cette sorte de dyslexiques de la volonté, est constamment faite de tentatives de contournement de l'adversaire et de ses propres rangs, du souci de préserver le patrimoine et d'en construire un autre sous le même toit.
19:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 septembre 2008
Dura lex sed Lex

Il y aurait une sorte de continuité dans le concept et une progression dans l'intensité perçue entre l'opinion, la démocratie et leurs applications pratiques.
L'opinion est instantanée ; elle est le fait par excellence, elle n'est pas formalisée. Néanmoins, elle n'est pas dénuée de pouvoir. Elle agit politiquement, en sous-main.
La démocratie formalise l'opinion. Elle tente de la fixer pour lui conférer une légitimité ; l'opinion, volatile potentiellement, est incompatible avec l'impératif de légitimité et de durée du pouvoir politique. La démocratie va donc lier l'opinion au pouvoir politique.
L'instant démocratique, c'est le point précis ou on grave dans le marbre l'opinion, le lieu de jonction entre la voix du peuple et le droit : la parole du premier est l'ordre du second.
C'est tout le principe de la démocratie.
Cependant, passé l'instant du vote, l'opinion, qui est mouvante, n'est plus liée à la forme démocratique qui, par essence, inscrit une légitimité dans le temps. Le droit, figé, après avoir convergé avec la vox populi, s'en détache. Il y a donc antinomie entre l'instantanéité de l'opinion et la permanence (même provisoire) de la norme écrite.
Pour remédier à cette contradiction, on essaie, en pratique, de lier opinion et démocratie ; on tente de rendre permanente l'opinion et instantanée la forme élective.
Les démocraties parlementaire, semi-directe et directe proposent ainsi une progression dans cette idée de fusion. La Chambre a pour fonction de renouveler de façon récurrente cette « voix du peuple », en prenant pour présupposé que la chambre épouse effectivement la voix du peuple. Parfois, le besoin est tel que le peuple se prononce directement sur des décisions-clés ou sur toutes les décisions.
Ce type de représentation démocratique par du présupposé fallacieux que le pouvoir politique efface la voix du peuple et qu'il convient de la réaffirmer ; plus encore elle prétend qu'aussitôt affirmée, elle est déjà spoliée, et doit être confirmée en permanence.
Or, la démocratie est précisément la forme qui instaure le pouvoir politique. A dire autrement, le pouvoir politique est conditionné par la sanction démocratique, qui est elle-même la formalisation de l'opinion. Si l'on perçoit une sorte de tension qui s'exerce sur un pouvoir politique considéré comme réactionnaire, c'est qu'on se situe effectivement sous le régime démocratique et non sous le régime de l'opinion ; en effet, si l'opinion gouvernait, la permanence du pouvoir n'existerait pas.
L'expression de l'opinion ou, si l'on veut, de la souveraineté populaire, est ainsi graduée dans le temps et dans son intension ; si bien qu'il n'importe pas nécessairement que la voix populaire soit sanctionnée instantanément pour que la logique démocratique se confirme.
Si il y a une graduation dans l'expression de la souveraineté populaire, non pas vis à vis d'un pouvoir qui la bride, mais du temps qui la légitime, on peut imaginer que toutes les formes du pouvoir politique sont soumises à la légitimation populaire à une intervalle plus ou moins longue, non pas grâce à leur action pour l'étouffer, mais au contraire à cause de la lenteur de l'application de l'opinion par la démocratie, voire de l'inertie de l'opinion elle-même.
Par conséquent, l'idée de démocratie n'est pas une antithèse du despotisme, mais ce qui le met en place et le chasse à une échéance plus ou moins longue mais néanmoins systématique, et encore ce qui, tacitement donc, le maintien, puisqu'une opinion contraire n'a pas pas été formalisée, fût-ce de manière violente (la Révolution).
22:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 août 2008
Améliorez votre pouvoir de chat
Parler une langue suppose qu'il y ait une sorte d'autorité dans sa pratique, sans quoi son apanage de maximes, de représentations qu'elle nous donne à voir et de jugements qu'elle permet d'imposer à tous serait mis en péril.
S'il se trouve qu'un individu s'éloigne trop longtemps des évidences de la langue, il se verra frapper des incompréhensions conjuguées de la langue qu'il a trahie et de la langue qui l'accueille ; il arrive souvent que des locuteurs ainsi mis à l'épreuve doivent choisir entre l'appropriation de leur déviance et son rejet, entre le jeu d'un rôle dont leur peuple peut se servir et l'essai d'une assimilation qu'ils espèrent possible. Dans les deux cas cependant, l'individu verra poindre après chacun de ses repas l'indigestion légendaire des exilés rongés par un atavisme qui ne se digère pas.
03:24 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 avril 2008
Troisième point de vue majoritaire antimajoritaire
Telle à l'instabilité d'une étoile qui ne règne plus sur la gravité, on peut interpréter comme un principe distinctif d'une majorité ou d'un système donné l'existence d'un courant minoritaire à l'intérieur d'elle, pour ne pas dire dans toute son étendue ; non pas comme une sédition potentielle ou contrôlée, mais comme une expression de sa volonté, comme sa nécessité: comme l'oppression dans la liberté, comme la tyrannie dans la démocratie. L'intensité de ce courant toujours présent dans son principe a pour corollaire la masse du système tout entier, qui le fait évoluer dans un mouvement de balancier à son exact opposé, en sorte que les plus grosses planètes font vaciller lourdement les étoiles dont elles sont les auxilières, et que le courant minoritaire se répand d'autant plus que la majorité est forte.
03:25 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 novembre 2007
Déclin
Précédée par son bruit,
Elle avance de haut en bas
Se jouant des circuits,
Car tout est dissout sous ses pas
Et notre seul secours
C’est de ne pas la croiser
Du regard ; croire pour toujours
Qu’elle nous a contourné
Ainsi on survit
(Et ainsi on est)
Et tout est mou, trop mou pour elle,
Qui mange trop vite, tout son repas
Et bientôt elle n’a plus de terres
Car rien n’est plus arable, ici bas
Malgré nous
Elle finira par détruire
Soit son cœur, soit mon cœur
Son ennemie, son amie
Car sa gloire est de détruire
Celle qui veut lui faire aussi.
Ainsi on périt
(Et ainsi on naît, aussi)
04:22 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12 octobre 2007
Henri bien chez vous.
Pauvre Henri. Les violons envoûtaient bien leur monde, et mieux que cela, ils étaient vraiment sincères et même moi j'en étais bercé. En Afrique, la saison des pluies larmoyantes avait enfin cessé.
Henri est conspué. C'est bon signe, si le forfait est d'une société qu'on a vu se calmer en pleignant toute la Terre, et qui ose nous raconter qu'apporter la civilisation partout, c'est de l'humanisme, -car une telle présomption dans la connaissance de "l'humanité" ne peut relever que de la pathologie.
Eh oui : c'est une reflexion bête, mais si une société a pu se contenter de rituels sans chercher à s'épandre ou à se noyer dans le progrès, pour survivre durant des siècles, alors, cette société, n'aurait-elle pas le droit à être reconnue comme telle, autant, voire plus que ce que nous appellons, par idiosyncrasie, société, civilisation?
A proprement parler, un système de rituels n'a-t-il pas pour fin que ces rituels suffisent au fonctionnement du tout?
De ce point de vue, ce que nous appellons civilisation n'est-il pas un problème?
Henri, nègre pour Dakar, faisait une extraoridnaire percée.
Le professeur est soudain extasié qu'un élève trouve les clés de ses équations, lorsqu'il se rend compte que l'élève a non seulement appris mais aussi compris ce qu'il disait. L'élève a toute la parole qu'il faut, il met en perspectives ; par étapes, il gravit les prémisses de la connaissance.
Souvent aussi, soudain le professeur redescend sur Terre . L'élève, lorsqu'il se perd trop dans des contrées inattendues, cherche à adopter une posture de nourrisson qui lui rendra ses repères : il s'accroche, et l'audace du raisonnement, qui n'est point impérieuse quand on a des perches aussi facilement tendues par la profession, est morte dans sa coquille.
Mais où Henri, après un tel discours, peut-il placer pareilles phrases? Pourquoi, maintenant qu'il sait que la société de ces ancêtres, et dont il a hérité les atavismes, n'est pas inférieure à la nôtre, l'Africain devrait-il se tourner vers l'histoire, le progès, et, avouons-le car Henri l'a dit, la peine et la bonne sincérité, qui sont depuis des lustres notre marque de fabrique, nous qui disposons de surcroît des médailles ès destruction de culture que nul n'a connues?
Et même si, et c'est le cas, nous n'avions pas à rougir du passé : pourquoi devraient-ils se mêler de ce qui se passe chez nous? Pourquoi, en définitive, nous repentissons-nous de ce que nous les exortons à faire, c'est-à-dire, à moins que je me trompe, répéter, avec leur sens aigü de l'éternel retour, ce que nous avons été, et devenir ce que nous sommes?
Par vengeance, peut-être?
Mais cela, messieurs, ne vient pas d'Afrique.
Car qui n'a pas d'histoire ne se venge jamais.
05:15 Publié dans Philosophie et idées politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 septembre 2007
Saint groupe
On justifiera que la vie est la base des principes du fait que les principes nous prédèdent toujours.
Il est alors aisé de comprendre que les principes ne se distinguent que de l'absence de principes, tout comme en parallèle la vie ne se distingue que de ce qu'elle ne vit pas.
Le problème que pose la situation présente, c'est que la vie suppose que les principes ont un point de départ, qu'ils ont tous un début - et par conséquent une fin.
La vie suppose donc que ce qui ne débute pas, ce qui ne vit pas, est une absence de principe.
Partant que les principes sont des intransigeances, nous voyons bien que la transigeance, la liberté ne sont pas vivables, car ce sont des absences de principes.
La vie apparaît donc comme le début de l'intransigeance, le début des nécessités.
La liberté, quant à elle, ne souffre d'aucune nécessité. Toute vie qui s'en extirpe est donc non nécessaire, et ces vies créent les nécessités dont le principe est l'arrachement à la transigeance, - à la liberté.
Il faut donc constater que la liberté ne fait pas partie des nécessités d'une entité, puisqu'elle s'en extirpe.
Un raisonnement logique nous mène encore plus loin.
La rigueur des principes nous donne à croire que toute entité est la nécessité de ce dont elle s'extirpe, tout aussi bien qu'elle nécessite tout ce qu'elle vit et rien d'autre.
L'entité, de ce point de vue, est une nécessité de la liberté, et le cheminement inverse est impossible, du fait qu'une entité première est non-nécessaire, et que par conséquent elle ne peut pas se nécessiter elle-même.
Ainsi, l'entité est une nécessité de la liberté, mais la liberté n'est pas une nécessité de l'entité ; donc, l'entité est pour ainsi dire l'ennemie de la liberté.
04:01 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27 juillet 2007
Fins connaisseurs
Nous savons tous désormais qu'une entité est intransigeante, et que tout ce qui relève de sa vie et de ses dogmes sont des questions de principe.
Il ya pourtant chez certains astres en politique des gens qui
s'offusquent des réactions naturelles des entités.
Lisons par exemple ce fabuleux article du Monde :
"Dans un nouveau rapport sur la "gouvernance" d'internet, l'organisation [OSCE] présente des études de cas de censure du web au Kazakhstan et en Géorgie et se fait l'écho d'observations faites de la Chine à l'Iran, du Soudan à la Biélorussie.
"De récentes décisions, qui vont à l'encontre de la liberté d'expression sur internet dans un certain nombre de pays, rappellent cruellement combien il est facile à certains régimes, démocraties et dictatures confondues, de réprimer les opinions qu'ils désapprouvent, réprouvent ou simplement qu'ils craignent", dit le rapport de l'organisation, qui regroupe 56 pays dont certains sont épinglées par l'étude."
Disons-le nous : quel intérêt aurait un régime politique spécial de se laisser gangrener par l'idée démocratique? N'est-ce pas son comportement le plus spontané?
Et que l'on se demande encore : le fait qu'un tel article
émane de l'OSCE, qui ne traite en aucun cas d'une erreur de
comportement, mais d'un comportement naturel qu'elle
désapprouve, n'est-il pas un acte de guerre pur et simple
d'une entité politique sur une autre, et qui suggère la victoire
du démocratisme et la mort des régimes politiques "spéciaux"?
J'entends par régime politique spécial toute représentation politique
représentative : monarchie, dictatures...
Il n'est prouvé nulle part que les régimes spéciaux ne
sont pas démocratiques ; si ce sont des entités politiques,
ce sont obligatoirement des démocraties (majoritarismes).
L'OSCE est un instrument du démocratisme. Ceci dit, il n'y a aucun
jugement de valeur à porter sur elle, ni sur les régimes spéciaux.
Là où l'OSCE sera entendue, même par une frange réprimée de la population, c'est que le démocratisme a triomphé bien avant elle, et elle ne fait
que la formaliser, comme on officialise un amour au grand jour.
Ailleurs, l'Etat survit encore et toujours.
21:10 Publié dans Philosophie et idées politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 juillet 2007
Keirin hivernal
Il y a des astres en politique encore aujourd'hui.
Ils veulent s'affranchir du passé, en enlever la honte, mais le cultivent en en faisant une "vérité".
Que dire sinon qu'ils sont encore appeurés et bien inférieurs à leurs pères.
Qu'on crache sur nos pères encore, et encore, c'est juste ; mais qu'on veuille finir leur procès
en enlevant les "circonstances atténuantes" qui les sauvaient toujours, c'est un défi que nous allons perdre.
De leur aveu : le passé, c'est une faute "indélébile", qui les mettra toujours en alerte.
Comment haïr la France honteuse pour l'apôtre de la
France "véridique"?
Comment cracher ainsi sur le "sauveur de Verdun", le vieux, alors
qu'on se couvrirait de honte pour nos propres fils?
Eh oui, les uns seront toujours les pères et les autres leurs fils.
On ne choisit pas nos pères : on ne peut pas choisir de les quitter.
Nous serons toujours opprimés par nos pères ; c'est d'ailleurs
pourquoi on a des fils.
Ce vieil atavisme revient encore...
Est-ce cette faute qui pose problèmes aux repentis-repentants ?
01:55 Publié dans Philosophie et idées politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 juillet 2007
Second point de vue majoritaire antimajoritaire
Suivant notre reflexion d'avant, on peut, en constatant l'existence de minoritarismes solidaires à travers tous les Etats du globe, songer à ce que ces minorités "jumelles", qui transcendent les barrières des sociétés, ne peuvent que faire partie d'un mouvement unique, d'une majorité commune.
Lorsqu'aux yeux des observateurs un élan minoritaire apparaît
ci-et-là, c'est bien qu'ils assistent à l'évolution instantanée
du fétichisme majoritaire, ou, si on veut, de la volonté de l'entité.
Il serait impossible, en effet, qu'une seule partie évolue à l'écart
des autres, et qu'elle puisse avoir la présomption de répandre ses
principes au-delà d'elle ; car en tant qu'entité, elle ne peut agir
majoritairement qu'à l'intérieur d'elle, et sa volonté globale ne
compte que pour elle-même.
De plus, la cohérence de la globalité en serait affectée, ce qui est
absurde : car une entité est majoritaire, et sa volonté globale
est présente partout ; or, si ce n'est pas le cas, elle ne peut
plus être qualifiée d'entité, de majorité... et la minorité susdite
n'existerait pas.
L'existence de la minorité en tant qu'accident ou opposition
matérielle est fortement compromise par la fréquence et la
généralité avec laquelle on constate le phénomène.
Celle-ci apparaît comme une activité courante dans une entité.
Il y a donc un conflit logique dans la manière classique
d'aborder la minorité.
La présence de minorités politiques internationales,
ou de soi-disant minorités sociales (huguenots, révolutionnaires,
"socialistes" et autres communistes ou musulmans modérés)
prouve que la pertinence de l'Etat national en tant que concept
est nulle. Non seulement le communisme n'est pas une
opposition mais une évolution délibérée de la société
judéo-chrétienne,mais en plus cette dernière culture n'a
rien de nationale et a triomphé partout où l'égalitarisme pullule.
03:20 Publié dans Philosophie et idées politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 juin 2007
Le monstre DOIT être bien monté-
Si le temps est accepté comme faisant partie d'une interprétation
lente et synthétique du monde, la vie, qui ne tient que sur le fil du
temps, doit aussi être comprise, ou du moins soupçonnée, comme
une transition, que l'on perçoit cependant comme une continuité,
entre deux états d'un amas de matière.
De ce point de vue, là aussi, la mort n'a pas de sens :
car la matière n'est conçue qu'en tant qu'amas.
Le véritable problème du temps et de la vie concerne le
déclenchement d'une occurence physique et de celles qui
suivent : où démarre le temps, la vie?
Une piste : la duplicité des amas signifie que les occurences sont
subjectives. Pourquoi ne pas imaginer que les occurences
représentent l'appropriation subjective et simultanée de tel amas
par tel autre, en sorte que finalement, la vie et le temps ne soient
que la représentation subjective de l'état de guerre?
03:10 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 mai 2007
Mince, le PC est mort-
En vertu du droit public, il est tout à fait déraisonnable de laisser un temps de parole aux structures détractrices, et il convient, partant que nous sommes majorité, de reléguer ces dernières au rang de minoritarismes. Et c'est en effet ce qu'on applique dans notre pays ; car en invoquant d'une part le débat contre la guerre, et d'autre part, le débat à temps égal pour chaque partie, le pouvoir élimine d'un seul coup le problème de
l'intransigeance idéologique, d'un côté, qui est le droit de l'idéologie en conquête, et celui de la persuasion pédagogique, de l'autre, qui est nécessaire à cette même idéologie et qui demande un temps
de parole très majoritaire. Par une tactique de stabilisation double, qui consiste à affirmer l'idéologie en place par un rituel de victoire tout en étant
cautionnée par des minorités "légales", la démocratie ferme
subtilement la porte aux alternatives structurelles émises par ailleurs.
Or dans une entité politique qui a clairement choisi une structure
économique ritualiste, hierarchiste et antiterritoriale - où les Etats
sont virtuels, intemporels -, il est évident qu'une mouvance
territorialiste, c'est à dire en faveur de l'Etat géographique et temporel, a besoin de ressources énormes pour conquérir l'entité
politique, bien plus que celle qui a déjà vaincu, et qui pour comble
d'aisance, se dit transigeante pour décourager ses ennemies, (ce à
quoi les minoritaires doivent être intransigeantes pour contrer sa
bonhomie).
Si le PC est mort, ce n'est donc pas parce que ses idées ne plaisent
pas ; c'est parce qu'il n'a plus d'idées, parce que l'Etat les a étouffées.
La faute à qui? Aux communistes, qui en admettant l'Etat, on trahi le
communisme en s'alliant à lui. Or de nos jours l'Etat meurt à son tour,
et le PC, sans Etat ni communisme, ne sert plus à rien.
02:45 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bon niveau d'autisme-
De même qu'une algue trop aidée s'épand à tuer tout son monde, l'intelligence s'étend comme une gangrène et tue, finalement, toutes les erreurs de la nature,-à vrai dire toute justification de la nature.
Elle n'a triomphé qu'animale, brute et bornée,- l'intelligence. Car
c'est une âme satisfaite qui ne s'occupe pas d'ailleurs. Autrement,
le génie qu'on lui confère est une fuite en avant qui n'a pas de sens.
Chercher à connaître, c'est vouloir incessament combler des brèches
dans la volonté d'où surgit chaque jour une intense dépression.
L'instrument fétiche auquel nous avons recours est certainement la
riposte usitée par le corps pour se reconstituer.
Cela induit en partie que le corps individuel n'est pas reproduit par
le corps social, ou alors que les définitions mêmes de "corps" sont à
revoir.
L'intelligence a-t-elle jamais su qui nous sommes? Ou plutôt, -vers ce quoi nous tendons à être, à ne plus être?..
01:20 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 mai 2007
Arme de représaille 1
On l'aura compris, les sociétés réclament le changement, et que l'on se regarde à gauche ou à droite, la rengaine est invariablement celle-là: on veut vivre en paix, et pour cela il faut faire la guerre, à la guerre, par la
pacification.
Cette réthorique est stupide, mais elle est partout, et quoiqu'il en soit, nous voudrons toujours le changement ; nous ne voulons pas l'avouer, mais nous sommes tous des guerriers de nature.
Des menteurs de nature.
Aucun parti n'ignorera la paix dans son discours. Or la paix est un mensonge de tout point de vue matériel. Et concernant ceux qui réclament haut et fort la guerre, ils veulent en réalité qu'on les laisse vouloir la guerre l'âme en paix.
Bien qu'avec cette découverte sensationnelle, les esprits serieux seront induits à définir autrement que matériellement ce qu'on appelle la paix, les autres, quand même, admetteront que le mensonge est le
summum de la moralité politique.
02:00 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 mai 2007
Leblond
Le principe d'égalité d'une entité a longtemps fait fantasmer dans le milieu démocratique, parce qu'il légitimait le leitmotiv d'égalité dans le groupe. Longtemps, l'égalité dans le groupe est apparue comme la forme la plus aboutie de celui-ci : comment sinon justifier la pression du groupe, le refus de ce qui n'est pas conforme?
Mais il s'avère impossible qu'un principe égalitaire aboutisse à la création d'une entité, car il n'existe pas de principe sélectif, et encore moins quand la matière atomique est point par point compatible. Comment une entité peut-elle sélectionner le lieu ou la masse à partir de laquelle le principe n'existe plus? Comment une entité de principe égalitaire peut-elle supporter sa fin, c'est-à-dire sa contradiction?
Le principe égalitaire n'existe pas ; son existence serait en elle même sa propre contradiction.
Toute entité a pour principe la sélection et l'absorption, et ne prêche l'égalité que pour les autres qu'elle absorbe.
01:02 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 avril 2007
Craintes
Lorsqu'une certaine entité s'est formée, comme le sont les peuples, les seules forces dont elle peut à juste titre craindre l'influence sont extérieures à elle. Un groupe ne peut pas
craindre un ennemi intérieur à lui car, s'il est interne, cet ennemi ne vivrait pas sans lui, ce qui reviendrait à dire que cet ennemi est un allié.
Le crime et la délinquance sont de ces ennemis supposés, et c'est pourquoi ils existent toujours : leur santé prouvant la vigueur de la culture en place.
15:20 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 avril 2007
Head and Shoulder
Le monde de la politique pose toujours problème pour les philosophes, et c'est là aussi que ceux-ci se trahissent, voient ressurgir leurs vieux démons...
En politique, le philosophe n'existe plus, non pas, comme je vous l'entends dire, parce qu'il ne solutionne pas les problèmes, mais plutôt parce qu'il n'a pas besoin de problèmes pour vivre.
Rien ne prouve que les constructions sociales et leur apanage soient des problèmes. La vie, en tant que telle, est parfaite car elle n'est pas soumise et, de toutes ses constructions, aucune n'est illégitime car toutes son le fruit de sa volonté indomptable : la vie ne pose pas de problème, jamais.
Il ne peut y avoir que des entités en formation ou très concurrencées pour avoir tant d'ennemis à combattre, pour trouver des insatisfactions partout, si bien que ses "problèmes" deviennent des problèmes existentiels. Nous savons qui, nous autres, forme cette espèce d'entité, peuple.
Rien ne prouve que la guerre soit un mal, que l'intolérance soit un mal, que la hierarchie soit un mal, que l'arbitraire soit irraisonné, que la raison elle-même soit logique. Mais la paix, la géométrie et l'uniformité sont les nécessités de l'entité qui se forme, et elle nécessité la tolérance de ses ennemies pour les détruire.
Si nous étions réellement des hommes tolérants, nous tolérerions toutes choses, y compris les intolérants. La proposition de tolérance ici avancée n'a proprement aucun sens !
On le sait, disons-le : si nous sommes pour la tolérance, c'est surtout pour les autres que nous parlons : c'est qu'on veut qu'ils tolèrent notre ascension (et c'est d'ailleurs chez eux qu'on va prêcher la tolérance).
Nous combattons pour former une entité, et notre identité, c'est le peuple : voilà ce qu'on nomme "démocratie". On veut tuer tout ce qui n'est pas démocratique, tout ce qui n'est pas collectif, massif, et cela suppose pour nous la plus grande férocité contre ce qui nous résiste, ce qui dévie de nous.
Cette entité se forme. D'autres vont disparaître. D'autres vont la détruire. C'est la vie.
02:20 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 avril 2007
Sains groupes-
C'est connu, l'élan de création, la vie, est une erreur universelle. Mais comme toute erreur cependant, la création est extrêmement rare et à peine éclose elle se conformise, et passe son temps à réagir, à subir. Et enfin, elle meurt.
Dans l'univers, seul ce qui se crée est illégitime, car c'est ce qui s'extirpe de l'amas et impose son existence au delà de tout ; ça n'est pas un enfant, c'est une brute de naissance.
Tout le reste de l'activité universelle peut à juste titre se justifier lui-même, parce qu'il n'est pas, ou plus, par définition, une erreur. Toute activité, toute organisation de la vie est justifiée parce que la vie crée ses nécessités et qu'elle ne nécessite rien d'autre.
Il n'y a pas de "nihilisme" ou je ne sais quel étendard pour les lapidations faciles. Il est impossible qu'une entité vitale puisse vouloir la mort, car c'est une incorrection du langage et parce que la mort n'est pas une nécessité de la vie - seul l'inverse est possible.
Que le pédophile n'ait crainte ! C'est un bon stratège...
On le voit, tout le cheminement démocratique des sociétés ne représente guère plus que la correction des erreurs, et tout ce qui est majoritaire, dans toutes les dimensions possibles, est majoritaire pour corriger les erreurs qui le menacent.
Il n'y a pas de groupe sain à cet égard. Tous les groupes qui se forment ici et là pour apporter la bonne parole, ou prôner on ne sait quelle créativité ou même quelque liberté, sont nécessairement des groupes anticréatifs et antilibertaires, par le fait même qu'ils forment un groupe.
On ne peut pas être libre si l'on fait partie d'une entité supérieure, on y est soumis ; à l'inverse, on soumet et on opprime si l'on est une entité, un groupe, car la majorité est la seule nécessité de notre groupe.
Si un groupe n'opprimait pas, il perdrait toute cohérence physique et ontologique.
L'entité est une nécessité de la liberté ; mais la liberté n'est pas une nécessité de l'entité : donc la liberté est l'ennemie de l'entité.
La santé d'un groupe vaut tant qu'il suit un bon proccesus.
11:25 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 avril 2007
Familienpolitik-
Toute entité a sa raison, aucune n'est conne ou de quelque façon "ignorante", gauche, passive et demandeuse de soutien ; tout corps impose ses directives et l'esprit lui-même est une directive du corps : toutes ses constructions sont raisonnées et il n'y a pas de jugement de valeur à porter sur elles. Ainsi, en matière de pensée, seuls le combat et la paix peuvent justifier telle orientation plutôt qu'une autre ; et dès lors qu'on trouve de l'injustice dans l'une d'elles c'est qu'on est partisan de son ennemie, de ses ennemies.
Tout jugement sur la politique sera forcément plébéien, car on s'insère à ce sujet dans l'entité que forme le peuple, on est soumis à ses directives, et que l'on soit nazi, communiste ou social-catho, plaintif ou "idéaliste" on sera tous démocrates, simplement parce que la politique est la directive du peuple.
Je n'ai rien à ajouter aux débats politiques, car il n'y a pas d'enjeu dans la politique. Celle-là est un jeu, c'est la raison du peuple. Jamais un tyran n'ira soumettre un peuple, ce serait contre-nature, pour lui, pour moi, impossible ; je n'ai donc rien à y faire.
Il n'y a pas d'activité, de mouvement, de révolution et de progrès en politique. Le peuple tend à son principe, c'est tout ; la paix, encore la paix.
Comme à tout corps, la raison du peuple veut la mort de ses ennemis. Il veut uniquement enlever quelque chose d'extérieur, il ne veut pas créer ; c'est justement la volonté qui crée ; la raison, elle chasse les parasites à la bonne marche de la machine. C'est tout ce qu'elle fait.
Voilà pourquoi, toute idéologie que vous plébiscitez, c'est la paix ; et si vous me rétorquez la guerre, je vous dis que la guerre c'est votre paix. Morale, pouvoir, nations...chacun y verra sa poupée.
Le peuple veut donc la paix, c'est sa raison. Il l'appelle justice. Mais la raison ne recherche aucun progrès, elle veut la paix de son système ; son progrès, c'est la mort de la non conformité au système démocratique.
Seule la logique a le don de créer, seule, elle ne s'arrête pas : elle n'a ni objet, ni nécessité.
19:10 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Monde
Il semble décidé que partout la mondialisation soit posée comme un élan nécessaire. Partout la paix et ses bienfaits soit-disant humanitaires sont acceptés comme un but et comme justification. Partout on ne cherche qu'à justifier ce pourquoi on tend à la paix ; jadis les nobles, puis les fous, puis les Etats, puis les riches ; aujourd'hui on ne tolère plus l'intolérant, on devient des riches à pauvres moeurs. On épuisera toutes les justifications possibles pour l'impôt de la paix à tout ce qui est grand. C'est ceci qu'on appelle mondialisation. C'est une doctrine qui est devenue science, c'est un triomphe, le triomphe du désespoir.
14:43 Publié dans aphorismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







